Les Dr Bernard Llagonne et Thierry Vermeersch sont à la tête de la communauté professionnelle territoriale de santé d’Epernay Terres de Champagne.
Les racines à l’origine de la désertification médicale sont profondes et diverses. Le manque de praticiens formés, le manque d’attrait financier pour certains métiers qui sont désertés, notamment pour la santé mentale, un déséquilibre territorial qui profite aux grandes villes et au sud de la France… Pour limiter ces effets délétères d’une politique de la santé mal gérée, les praticiens du secteur d’Épernay ont décidé de se prendre en main. Ils ont ainsi créé une communauté professionnelle territoriale de santé (CPTS). Après une première réunion en mars 2020, la crise du Covid a mis sous cloche le développement de cette structure rassemblant praticiens libéraux (médecins, infirmiers, kinésithérapeutes, dentistes pharmaciens …).
En novembre dernier, le CPTS a été relancé, sous l’égide du Dr Bernard Llagonne, désormais ex-chirurgien à la clinique d’Épernay, et Thierry Vermeersch, médecin à Avize et vice-président du syndicat Union française pour une médecine libre. Ils n’ont cependant pas chômé puisqu’ils ont coordonné la campagne de vaccination et mis en ligne sur leur site internet une carte interactive des praticiens proposant la vaccination. « On est en avance sur nos objectifs », sourit le Dr Llagonne. L’intérêt du CPTS est de pouvoir discuter des problèmes rencontrés par les professionnels sur place et d’essayer de les résoudre en mettant de l’huile dans les rouages.
Le premier d’entre eux, c’est de faciliter la venue des nouveaux praticiens sur le territoire. En créant un réseau entre les professionnels de santé, ils seront plus à même de répondre aux questions des jeunes médecins sur une possible installation. « On est en train de voir pour organiser un moment d’accueil avec Franck Leroy, le maire d’Épernay, pour l’arrivée de jeunes internes, explique Thierry Vermeersch. Car un médecin qui vient emporte sa famille avec lui, il ne faut pas l’oublier. »
Ils s’inspirent pour cela de la journée de l’installation qui a lieu depuis douze ans à la faculté de médecine de Reims. Des dizaines de professionnels installés dans la Marne viennent répondre à toutes les questions des internes. La prochaine aura lieu le 2 juin.
Sans cette casquette du CPTS, qui représente une centaine de praticiens à ce jour, les deux docteurs en sont certains, ils n’auraient pas pu pousser certaines portes. « Par exemple, ça m’a permis de rassembler tout le monde autour de la table pour parler du problème d’addiction aux e-liquides trafiqués des cigarettes électroniques et prendre des mesures. Ou, plus simplement, je suis entré en contact avec l’hôpital car on avait des problèmes d’envoi de courriers électroniques avec eux. Notre rôle, c’est de donner une impulsion. Le CPTS ne réglera pas tout à lui seul tous les problèmes. »
« Pour attirer du monde, il faut qu’on réalise plus de choses concrètes, conclut le Dr Llagonne. Par exemple, une plateforme de contact de médecins pour permettre aux infirmières libérales d’avoir un praticien pour les aider en cas de soucis. »
Des initiatives qui faciliteront la vie de tous, c’est le principe du CPTS
Source : L’Union – quotidien – 26.04.2022